Lettre à un(e) inconnu(e)

Salut à vous,
J’espère que vous allez bien!
On continue nos ateliers d’écriture avec  ****, **** et ****.
La dernière consigne était d’écrire une lettre que l’on ira déposer dans
l’espace public. Voici celle que je vais déposer un peu partout (de
manière manuscrite), si cela vous dit de vous prêter aussi au jeu!

Chères et chers,

Depuis quelques jours déjà je pense à vous écrire.
Je prends enfin le temps de m’y mettre. Étonnamment en ces temps
suspendus les journées filent les unes à la suite des autres ne me
laissant pas encore tout le temps que je voudrais. Ou est-ce ma peur du
vide et ma manière de les remplir ? Je ne sais pas.
Comment est-ce pour vous ?

Je tenais à vous écrire pour vous proposer une sorte de jeu.
On ne peut plus se voir, plus communiquer en dehors des téléphones et
des ordinateurs. Je voulais donc vous proposer de ramener un peu de
concret, de palpable dans nos existences en nous écrivant.
De nous laisser des mots, des lettres, des phrases partout où cela est
possible. Sur nos trajectoires, dans la rue, les anfractuosités des
murs, dans les rayons de supermarché, entre deux journaux, entre
l’essuie-glace et le pare-brise, coincé entre les lattes d’un banc…
Bref, dès que l’occasion se présente.

Un mot doux, une pensée du jour, nos angoisses, nos colères, nos désirs
pour après, ce que l’on ne souhaite surtout pas reprendre…

Nous pourrions comme cela entamer une forme de correspondance ouverte où
chacun écrirait à un autre sans qu’il ne sache à qui. Mais rien
n’empêche non plus d’avoir une correspondance plus intime en choisissant
un endroit précis et en y déposant une lettre à chaque fois. Il suffit
que quelqu’un d’autre se prête au même jeu que vous !

Vous l’aurez compris, plus nous serons nombreux à jouer à ce jeu plus il
sera grisant. N’hésitez donc pas à transmettre le message. Nous
deviendrons ainsi plus attentifs à nos trajets, aux mots qui ont pu y
être laissés. Nous regarderons donc plus les détails, les recoins, les
cachettes et peut être découvrirons-nous les lieux autrement. Enfin je
l’espère.

En ces temps suspendus, ouvrons des brèches !

Amicalement.

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